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Visite extĂ©rieure de l’église de SAINT AUBIN DE MÉDOC

Publiée le 03/02/2019

Visite extĂ©rieure de l’église de SAINT AUBIN DE MEDOC

 

Les premiers chrétiens

L’empereur CONSTANTIN, converti en 313, donne toute libertĂ© aux chrĂ©tiens de l’empire, jusque lĂ  persĂ©cutĂ©s et clandestins, de pratiquer leur religion.

Remontant le RHÔNE jusqu’à LYON, puis se dirigeant vers notre rĂ©gion, les premiers missionnaires s’étaient dĂ©jĂ  Ă©tablis dans les faubourgs de BORDEAUX, Ă  l’extĂ©rieur des remparts, Ă  ST SEURIN. Le premier Ă©vĂȘque est connu sous le nom d’ORIENTALIS, puis on connaĂźt ST PAULIN, baptisĂ© par ST DELPHIN, Ă©lĂšve d’AUSONE.

L’évangĂ©lisation des campagnes ne commence que vers 550. Les religions gallo-romaines disparaissent peu Ă  peu, alors qu’augmente le nombre de chrĂ©tiens. On abandonne les temples et les dieux d’autrefois. On commence Ă  construire de nouveaux lieux de culte. A partir du 6e siĂšcle, les paroisses Ă©prouvent le besoin, pour remplacer les anciennes idoles, de se mettre sous la protection d’un saint, d’abord NOTRE DAME, ST ETIENNE, et plus tard, les saints locaux : MARTIN, MÉDARD, AUBIN.

Saint Aubin

ALBINUS, ALBIN OU AUBIN est nĂ© en 468 d’une famille anglo-saxonne de Basse Bretagne. Il fut d’abord moine prĂšs d’ANGERS. C’était un homme de priĂšre, modĂšle d’obĂ©issance, de pĂ©nitence et d’humilitĂ©. C’est pourquoi il fut Ă©lu, en 500, abbĂ© de son monastĂšre qu’il rĂ©forma, ce qui conduisit les autoritĂ©s religieuses Ă  le nommer, contre son grĂ©, Ă©vĂȘque d’ANGERS en 529. Il rĂ©tablit l’ordre dans son diocĂšse avec beaucoup de fermetĂ©, appuyĂ© en cela par le roi CHILDEBERT, fils de CLOVIS qui aida Ă©galement Ă  convoquer le concile d’ORLÉANS en 538. Il mourut en 549 ou 550 en grande rĂ©putation de saintetĂ©. On lui attribua aussitĂŽt de nombreux miracles et sa rĂ©putation se rĂ©pandit trĂšs vite dans l’occident chrĂ©tien. C’est l’homme que nos ancĂȘtres ont choisi, au 8e siĂšcle comme patron de la paroisse, mais contrairement Ă  ce qu’on crut bien longtemps, ce n’est pas son corps qui est enfermĂ© dans le sarcophage derriĂšre le maĂźtre-autel de l’église.

L’église

On pense que sa construction a dĂ©butĂ© au 12e siĂšcle , c’est-Ă -dire au temps d’ALIÉNOR d’AQUITAINE (vers 1140), mais il faut savoir qu’une Ă©glise est toujours en rĂ©paration avec des rĂ©fections et des modifications plus ou moins heureuses. La partie la plus ancienne, trĂšs dĂ©labrĂ©e, est un petit oratoire voĂ»tĂ© au Nord-est de l’édifice

L’abside fut construite aussitĂŽt aprĂšs, suivie de la nef principale et de celle de NOTRE DAME (c’est l’appellation qu’on trouve sur les documents anciens). Puis, on Ă©difia le clocher et plus tard, le bas-cĂŽtĂ© de ST JEAN BAPTISTE. On utilisa sans doute, mais nous n’avons aucun document pour le prouver, l’emplacement d’un temple romain dĂ©truit par les nouveaux chrĂ©tiens pour supprimer l’influence des anciens dieux, mais aussi pour en rĂ©cupĂ©rer les matĂ©riaux. Les arcades de part et d’autre de la nef centrale sont alternativement de style roman et en arc brisĂ©, ce qui ne facilite pas la datation.

Le chƓur, les porches et le clocher donnent Ă  l’édifice un aspect roman (11e et 12e siĂšcles). L’église est orientĂ©e, c’est-Ă -dire tournĂ©e vers l’orient et non pas vers JĂ©rusalem comme on le croyait autrefois.

Le cimetiĂšre oĂč l’on enterrait les moins riches Ă©tait autour de l’église. Il fut transfĂ©rĂ© Ă  son emplacement actuel en 1861. Les curĂ©s et les nobles Ă©taient inhumĂ©s dans le chƓur de l’église, et les gens aisĂ©s qui avaient acquis un droit de sĂ©pulture moyennant le paiement de douze livres Ă©taient inhumĂ©s dans les nefs. Plusieurs sont enterrĂ©s comme « passants ». Ils n’avaient pas acquis le droit de sĂ©pulture mais s’étaient montrĂ©s particuliĂšrement mĂ©ritants. C’est ainsi qu’un curĂ© y a inhumĂ© sa mĂšre et sa servante. Ce droit de sĂ©pulture fut contestĂ© Ă  plusieurs reprises par un curĂ© qui portait l’affaire devant l’archevĂȘque. Celui-ci lui donnait toujours raison. En attendant, on enterrait le dĂ©funt derriĂšre le four du presbytĂšre, que nous n’avons pas localisĂ©. D’autres sont ensevelis sous l’auvent, devant le porche latĂ©ral. Il ne leur en coĂ»tait que six livres.

Petit oratoire et abside

L’abside et le petit oratoire comportent des baies romanes intactes : une pour l’oratoire et deux pour l’abside, la troisiĂšme ayant Ă©tĂ© masquĂ©e par la construction de la sacristie au 18e siĂšcle.

Façade nord

Le mur prĂ©sente, prĂšs de l’oratoire, des contreforts et arrachements romans. Les baies sont du 18e siĂšcle.

Façade principale (ouest)

Le mur pignon est du 13e ou 14e siÚcle avec portail et oculus supérieur de la fin du 19e siÚcle. 
Le mur collatéral droit est en moellons enduit. La rive en pierre taillée a été remplacée lors des travaux de rénovation de la toiture fin 2004. 
Le clocher est à base romane du 12e siÚcle et sa partie supérieure avec chambre de cloche est du 14e siÚcle. Un paratonnerre neuf a été installé lors de la réfection de la toiture fin 2004.

Le fronton est surmontĂ© d’une croix sculptĂ©e sur les deux faces. Sur la face ouest, on voit le CHRIST crucifiĂ© et sur la face est, la VIERGE prĂ©sentant son fils au monde.

Conservant son style original, le porche central soumis Ă  l’érosion des vents dominants, dut ĂȘtre refait plusieurs fois et peut-ĂȘtre lors des grands travaux de 1867.

Façade sud

Le mur est en moellons et les baies sont du 18e et 19e. 
La sacristie fut construite au 18e siÚcle. 
Le porche nĂ©o-roman date de la fin du 19e siĂšcle lors des grands travaux de 1867. Aucune pierre n’est d’origine. C’était autrefois un appentis recouvert en 1643 par CLAUDE DE MASPARAULT DE MONTMARÈS, Seigneur de SAINT-AUBIN, qui fit Ă©difier en mĂȘme temps, le montoir de pierre qu’on voit encore de part et d’autre de l ’auvent. On venait aux cĂ©rĂ©monies, en ce temps-lĂ , Ă  pied, en carriole ou Ă  cheval et beaucoup avaient du mal Ă  escalader leur monture. Un solide marchepied leur fut bien utile.

Le portail intĂ©rieur est trĂšs restaurĂ© (aucune pierre visible n’est d’origine) mais d’époque romane comme l’atteste le contrefort droit intact.

Couverture

La couverture en tuiles canal a été rénovée fin 2004.

PresbytĂšre

Au 18e siĂšcle, Messire LALANNE qui fut curĂ© pendant 25 ans, fit construire la maison curiale (presbytĂšre). Cette maison aux belles proportions est devenue par la suite le logement du garde-champĂȘtre.

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